samedi 30 juin 2007

N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois


Film très estimable avec certaines maladresses, sans doute la contrepartie de son heureuse radicalité. J'ai aimé cette idée : l'art apparaît comme une échappatoire possible au funeste destin (La Mort de Sardanapale d’Eugène Delacroix, Rome et ses antiquités, certaines scènes avec Chiara Mastroianni évoquent des tableaux de maîtres). Mais peut-on vraiment échapper à la froide réalité?

Note : 8/10

vendredi 29 juin 2007

SUPER NACHO de Jared Hess


super nacho
note : 7/10

mardi 26 juin 2007

VOX de Nicholson Baker


Très décevant, même si l'idée m'a séduit : un dialogue ininterrompu entre un homme et une femme discutant dans une back-room téléphonique sur leur sensibilité fantasmatique afin de parvenir à la jouissance en même temps. Voilà que se noue un dialogue où chaque protagoniste va démontrer son art du récit, son art de la dilatation narrative des évènements apparemment mineurs qui les ont troublé, sa manière d'introduire dans l'histoire racontée par l'un des éléments tirés de ce que l'autre a dévoilé. C'est à coup sûr un bel exercice de tissage de deux voies de réception, de captation des flux érotiques les plus personnels. C'est une lutte entre l'exaltation intérieure et le réel. Le salut passe par la masturbation délirée par les mots.
Mais le style n'est pas au rendez-vous, il manque un réel pouvoir des mots à créer ces mondes intérieurs mi-racontés mi-inventés qui se mêlent, qui s'écoutent et se répondent. Il manque le jaillissement et la fluidité, peut-être même un certain degré de baroque car il y a des histoires qui sont vraiment délirantes. Il manque aussi (quand même) le titillement intérieur (peut-être suis-je devenu eunuque).
Sinon, quel film il pourrait être tiré de ce matériau ! Avis aux réalisateurs en puissance.
Très peu de films sont parvenus à restituer le pouvoir érotique de la parole, à mon avis le dernier en date est Histoire de Marie et Julien de J. Rivette lors des ébats amoureux entre les deux acteurs, c'était merveilleux, c'est rare, c'est peut-être tant mieux.

note : 4/10

dimanche 24 juin 2007

LA MAISON DE BAMBOU de Samuel Fuller

Voici un blog masochiste ou comment parler plutôt mal de films de réalisateurs que l'on porte très haut : après mes paroles hâtives qui ont terni notre Raoul Walsh, l'immense réalisateur de l'Esclave Libre ou de la Fille du Désert, voici venu le tour de Samuel Fuller, souvenez-vous, c'est lui qui a tourné des trucs aussi fascinants que The Naked Kiss, Le Port de la Drogue ou Le Jugement des Flèches. Alors il y a la Maison de Bambou que je trouve pas mal du tout, mais qui ne possède pas l'impact, la nervosité et l'ambigüité qui peuvent caractériser le cinéma de Fuller (dèja ce nom, ça en jette). Il y a la fin magnifique qui donne à voir le cinéma d'action quasi-muet, électrique et spectaculaire de Fuller. Sinon le film ne me convainc pas, ni son cinémascope et la mise en scène, ni les personnages et leurs relations. Mais j'ai envie de proposer une hypothèse : je pense que le film souffre d'avoir été tourné au Japon et de l'envie subliminale de Fuller d'introduire une forme de spiritualité dans son film, notamment la vie intérieure des personnages, les non-dits, je veux parler de cette atmosphère étrange du Japon, je regrette qu'il n'ait pas développé davantage l'interaction entre les personnages, la modernité du japon d'après guerre et la retenue introspective des lieux. Je pense qu'il a essayé de le filmer, mais est-ce vraiment le cinéma de Fuller, son cinéma électrise toute pensée intérieure.

note : 6,5/10

jeudi 21 juin 2007

LES PARTICULES ELEMENTAIRES de Oskar Roehler


I'm a desperate man.

note : 2,5/10

lundi 18 juin 2007

Le mariage de Maria Braun de Fassbinder


Très tentant de faire de ce Fassbinder une allégorie de la RFA se relevant après la guerre, à la recherche d'un idéal de reconstruction, d'avenir doré, d'unité mais se perdant au passage dans le matérialisme. Mais le film suscite beaucoup de réflexions : une seule analyse de quelques lignes ne rendrait pas justice à sa richesse. Le sens du cadre est impressionnant. Cependant, je retiens particulièrement la photographie étonnante, magnifique, qui donne l'impression d'etre délavée.

Note : 9/10

dimanche 17 juin 2007

TRAQUE de William Friedkin et HITCH - expert en séduction - de Andy Tennant


Ah ! les doubles programmes sont à l'honneur, allons-y donc pour une double critique. Mais avant il faut (bien sûr) trouver un lien entre les deux films. Donc voici le challenge, qu'est-ce qui peut bien relier Traqué et Hitch? Et bien j'ai trouvé la formule qui claque : c'est le thème de la créature et du créateur. Par conséquent, pas besoin de transition virtuose.


Traqué m'a impressionné. c'est une trajectoire hantée, abstraite, sèche et animale. Suivre une piste et ne pas la lâcher. Le film mène parfaitement son récit qui se confond avec la mise en scène géométrique. Tout compose un tableau de lignes. En fait, c'est la mise en scène qui est le récit. Les personnages n'ont pas d'existence propre, si ce n'est celle de répondre à la trace laissée par l'autre.
note : 8,5/10

Hitch appartient aux films sur la séduction et la drague qui sont de véritables défis jamais réellement réussis. En voilà un nouvel exemple raté. Pourtant la drague est un thème génial d'un point de vue cinématographique, peut-être le motif le plus difficile parce que composé d'un alliage instable de présence corporelle ambiguë, de dialogue ciselé et de mise en scène incisive et délicate. Pourtant ici le film est si lourd, si peu inspiré que les quelques scènes qui auraient pu réanimer mon désir de défendre le film n'y parviennent pas. Ce Dr Love manque du méphistophèlisme qu'on lui prête.
note : 2,5/10

et au fait, ne devais-je pas parler de la créature et de son créateur, de celui qui enseigne et de celui qui apprend?

samedi 16 juin 2007

Warriors de Peter Kosminsky et A History of Violence de David Cronenberg


Estampillé "téléfilm de la BBC", retraçant la guerre de Bosnie, Warriors pouvait faire craindre une énième fiction destinée à l'éducation de nos chères têtes blondes. Mais que nenni! R.A.S point de vue filmage. Par contre, Warriors touche par son traitement hyperréaliste du conflit certes, mais aussi par sa justesse de ton (pas de sensiblerie inutile dans un sujet déjà fort) et de ses personnages. Si le film suscite une réflexion sur le rôle et la mission de l'ONU et son inefficacité, c'est surtout sa violence qui me reste durablement en mémoire. Barbarie du conflit bien entendu, terrible, mais aussi l'intensité des sentiments des soldats. Ils reviennent perturbés, effondrés psychologiquement, dans leur pays d'origine déconnecté de la réalité de la guerre.

Violence qui me semble mal rendue dans le dernier Cronenberg, "A history of a violence". Le réalisateur canadien offre quelques aperçus "gores" par ci par là mais échoue malgré lui à nous faire palper un monde qui bascule sans peine vers la sauvagerie. Le long métrage est globalement peu intense. La faute notamment à quelques personnages caricaturaux (Ed Harris et surtout William Hurt qui cabotine à outrance) et à une deuxième partie assez grotesque rappelant parfois les films du très expressif Steven Seagal (truands de pacotille, tordage de cou...). Toutefois, en cherchant bien, on retrouve certains thèmes chers à Cronenberg : les faux-semblants, la métamorphose, la bestialité ... mais on reste loin des chef d'oeuvres troublants du maître.

Note Warriors : 8,5/10
Note A history of violence : 5/10

jeudi 14 juin 2007

40 ANS, TOUJOURS PUCEAU de Judd Apatow

Oui, bon, voilà.
note : 6/10

mercredi 13 juin 2007

BASIC de John Mc Tiernan


Impressions ambivalentes : tout va se jouer dans les prochaines trois lignes. Suis-je emballé par le film? je dois dire qu'assez, à certains moments il y a un filmage magnifique, des images fulgurantes, des plans amples et précis. Est-ce que le film est laborieux? je dois dire que oui, histoire claudicante, j'ai eu du mal à garder mon attention, un peu agacé. Alors quoi? Et bien j'aime beaucoup, assez, pas vraiment, c'est pas très clair dans ma tête. C'est peut-être la preuve d'un film insaisissable et cabossé. Ca dépend d'où vient la lumière. Il y a des scènes surprenantes (décalées) comme des jaillissements de scènes qui destructurent le film et lui donnent son intrigante personnalité. Il y a une réelle atmosphère qui mêle dérision face au sort, décontraction et menace.

note : 7,5/10

lundi 11 juin 2007

DESTINATION FINALE 2 de David Richard Ellis

Le deuxième opus est davantage versé dans le spectaculaire. Et il est difficile de le critiquer de n'être qu'un alignement de mises à mort. On pourrait n'y voir qu'un pur exercice de style, voire de mise en scène. Toutefois, je ne crois pas qu'il y ait de la mise en scène dans ce film, mais qu'un simulacre vide de mise en scène. Le film possède comme un frein dans l'image, une intensité feinte. Pas assez de signes fortuits mais trop de visions.

note : 4/10

dimanche 10 juin 2007

Alexandre d' Oliver Stone

Quelle appréciation porter sur mon homonyme à jupette aux cheveux ondoyants et peroxydés? Alexandre a été sacrifié sur l'autel des effets spéciaux numériques. Je prends pour exemple la reconstitution de Babylone aussi toc que les décors en carton pâte de l'âge d'or hollywoodien, la poésie et le rêve en moins. Je déplore aussi l'utilisation parfois abusive des filtres de couleur (notamment le jaune pour le désert). Esthétiquement : pas une réussite hormis la deuxième scène de bataille, en Inde, visuellement splendide. Mais une fois qu'on oublie cette déception et qu'on accepte le coté très bavard du long métrage, le film offre une vision intéressante, psychanalytique du protecteur des hommes sur fond historique. En ce sens, Alexandre est une véritable tragédie grecque aux accents shakespeariens et freudiens.

Note : 6,5/10

DESTINATION FINALE de James Wong


Voilà un film qui mérite vraiment d'être défendu, au-delà du pur divertissement très réussi qu'il est. Film concept, réellement déstabilisant. Quelques jeunes défient le plan de la mort et cela donne un film où tout devient signe et vaine interprétation. Au-delà de tous les questionnements sur la maîtrise du destin, là où la mise en scène réussit à installer un déséquilibre, c'est au moment du moment, c'est-à-dire l'instant où il n'y a plus de prise, où tout se retourne contre soi. J'ai regretté que le film installe une atmosphère trop fantastique au moment où la mort (qui est un personnage magnifiquement abstrait, un courant d'air, un peu d'eau, des associations de hasards) passe à l'offensive mais le film aurait pu perdre de son pouvoir de fascination. Je préfère quand le film déploie son plan mathématique de manière sèche et inopinée.

note : 7,5/10

vendredi 8 juin 2007

Boulevard de la mort (un film Grind House) de Quentin Tarantino


Yeah! En avant la musique! Filmé avec virtuosité : road movie, thriller, teenage movie, girl power, cascades... Cool. Quentin Tarantino? Un Dj cinéaste, un juke-box de l'écran large. Mais aussi : fétichisme des pieds, bavardages oiseux interminables, autocitations. Tics tarantiniens en roue libre. Une face du disque est rayé.

Note : 6/10

DEATH PROOF de Quentin Tarantino


Inoubliable.

note : 5,5/6

mercredi 6 juin 2007

STILL LIFE de Jia Zhang Ke


Quand j'étais enfant, j'aimais démolir, casser des pierres avec un marteau, c'est vrai que c'est plus facile que de construire quelquechose, mais ce n'était pas seulement par goût pour la facilité, mais pour le vertige des coups et des éclats, c'est peut-être pour ça que je suis attiré par les endroits désertiques recouverts de météorites explosées sur un sol trop dur. Dans Still Life, on détruit et on recouvre d’eau. C’était bien parti pour me plaire.

Vous voulez des frissons ? venez voir notre spectacle de magie.
Dans Still Life, il y a de la magie pour qui sait la voir. Je ne suis pas de ceux-là. C’est une magie qui travaille lentement et de trop loin le regard du spectateur. C’est la magie délivrée par un peuple qui se retrouve convié au tour de passe-passe de la modernité. C’est beau, pas forcément passionnant.

J’ai apprécié le ton du film qui allie un ton drolatique liée à la torpeur du personnage principal et un ton plus décharné, pas complètement triste, plutôt une résignation enchantée. J’ai aimé la photo du film, notamment les scènes d’intérieur, avec une utilisation réussie du contre-jour et de la surexposition, par exemple la scène d’ouverture du film sur la péniche. J’aime beaucoup les scènes de désolation où l’on voit des squelettes d’immeubles abattues au marteau.

Vous voulez des frissons ? venez voir notre spectacle de magie. Pourquoi alors n'ai-je pas été captivé par le film? je peux réfléchir au film et rétrospectivement le trouver très beau, mais ce qui compte c'est ce qui s'est joué pendant la séance. Il y a une apathie du film, très belle au début avec la figure du personnage qui revient chercher sa femme, mais qui s'épuise rapidement, peut-être à cause de la deuxième histoire, ou de certaines scènes ratées (scènes chantées, danse du couple retrouvé (même si mise en scène magnifique). Ainsi le film se déroule inégalement, avec des scènes à la fois intenses et retenues mais aussi avec une mise en scène trop insistante dans sa mécanique éteinte, réanimée par la grâce de la photo et de trouvailles visuelles.

note : 3,5/6

Still life de Jia Zhang-ke

Deux histoires s'entrecroisent : un homme cherche à reconstituer un noyau familial , une femme rompt avec son passé pour aller de l'avant. Le lieu : les Trois Gorges où l'édification d'un barrage entraîne l'anéantissement de villages entiers et le déplacement de population. Constructions, destructions et...reconstruction. Still life ou "encore en vie" : cette vie continue malgré les changements à grande vitesse.

L'image est stupéfiante par sa netteté et sa profondeur de champ. Le brouillard donne un aspect iréel, étrange, renforcé par des discrets effets spéciaux (un ovni, un immeuble-fusée décolle...).
Somme toute, Still life passionne en tant que film contemplatif, observateur d'une Chine en marche forcée vers la modernité.

Note : 9/10

mardi 5 juin 2007

FUTURE DAYS de Can


Il est difficile d'exprimer les fabuleuses sensations que cet album m'a procurées et je crains de ne pas réussir à décrire ces nappes sonores où l'évanescence s'enchevêtre à des rythmes incisifs. C'est un album dense, planant qui s'immisce profondément dans mon cerveau. C'est doux et somnambulique, comme des incantations apaisées.

note : 6/6