samedi 16 juin 2007

Warriors de Peter Kosminsky et A History of Violence de David Cronenberg


Estampillé "téléfilm de la BBC", retraçant la guerre de Bosnie, Warriors pouvait faire craindre une énième fiction destinée à l'éducation de nos chères têtes blondes. Mais que nenni! R.A.S point de vue filmage. Par contre, Warriors touche par son traitement hyperréaliste du conflit certes, mais aussi par sa justesse de ton (pas de sensiblerie inutile dans un sujet déjà fort) et de ses personnages. Si le film suscite une réflexion sur le rôle et la mission de l'ONU et son inefficacité, c'est surtout sa violence qui me reste durablement en mémoire. Barbarie du conflit bien entendu, terrible, mais aussi l'intensité des sentiments des soldats. Ils reviennent perturbés, effondrés psychologiquement, dans leur pays d'origine déconnecté de la réalité de la guerre.

Violence qui me semble mal rendue dans le dernier Cronenberg, "A history of a violence". Le réalisateur canadien offre quelques aperçus "gores" par ci par là mais échoue malgré lui à nous faire palper un monde qui bascule sans peine vers la sauvagerie. Le long métrage est globalement peu intense. La faute notamment à quelques personnages caricaturaux (Ed Harris et surtout William Hurt qui cabotine à outrance) et à une deuxième partie assez grotesque rappelant parfois les films du très expressif Steven Seagal (truands de pacotille, tordage de cou...). Toutefois, en cherchant bien, on retrouve certains thèmes chers à Cronenberg : les faux-semblants, la métamorphose, la bestialité ... mais on reste loin des chef d'oeuvres troublants du maître.

Note Warriors : 8,5/10
Note A history of violence : 5/10

1 commentaire:

Cryppolea a dit…

je suis en complet désaccord avec ta vision de a history of violence, mais alors là une ligne de fracture qui fait peur. ma note : 9,5/10