mardi 26 juin 2007

VOX de Nicholson Baker


Très décevant, même si l'idée m'a séduit : un dialogue ininterrompu entre un homme et une femme discutant dans une back-room téléphonique sur leur sensibilité fantasmatique afin de parvenir à la jouissance en même temps. Voilà que se noue un dialogue où chaque protagoniste va démontrer son art du récit, son art de la dilatation narrative des évènements apparemment mineurs qui les ont troublé, sa manière d'introduire dans l'histoire racontée par l'un des éléments tirés de ce que l'autre a dévoilé. C'est à coup sûr un bel exercice de tissage de deux voies de réception, de captation des flux érotiques les plus personnels. C'est une lutte entre l'exaltation intérieure et le réel. Le salut passe par la masturbation délirée par les mots.
Mais le style n'est pas au rendez-vous, il manque un réel pouvoir des mots à créer ces mondes intérieurs mi-racontés mi-inventés qui se mêlent, qui s'écoutent et se répondent. Il manque le jaillissement et la fluidité, peut-être même un certain degré de baroque car il y a des histoires qui sont vraiment délirantes. Il manque aussi (quand même) le titillement intérieur (peut-être suis-je devenu eunuque).
Sinon, quel film il pourrait être tiré de ce matériau ! Avis aux réalisateurs en puissance.
Très peu de films sont parvenus à restituer le pouvoir érotique de la parole, à mon avis le dernier en date est Histoire de Marie et Julien de J. Rivette lors des ébats amoureux entre les deux acteurs, c'était merveilleux, c'est rare, c'est peut-être tant mieux.

note : 4/10

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